Quelques-unes de nos premières expériences sont gravées dans nos mémoires comme si elles s’étaient passées hier. Après le séminaire, on m’avait assigné une église nouvellement implantée qui devait acheter un terrain où construire. À cette époque, nous possédions un ameublement usé, une voiture bien utilisée, et peu de choses. Nous levions des fonds pour une propriété d’église et nous avons fait l’expérience de ce que signifie chercher les conseils de Dieu, tandis que nous travaillions pour accomplir sa mission dans notre nouvelle communauté. Quand on a demandé des dons aux membres, ma famille et moi avons pris l’engagement provenant de la foi et de la prière. Notre promesse était bien moindre que ce que d’autres familles donnaient, mais c’était aussi bien plus que ce que nous pouvions nous permettre. C’était un acte de foi.

Durant les nombreux mois qui ont suivi, nous avons fait l’expérience d’un grand nombre de miracles de la providence divine. Parfois un homme âgé nous donnait des légumes verts frais de son jardin. À d’autres moments, nous trouvions des sacs de provisions à notre porte, et souvent un cadeau d’anniversaire ou de Noël sous forme d’argent correspondant exactement à nos dépenses. Quand la campagne s’est achevée, nous nous sommes aperçus que nous avions reçu ce que nous avions promis. En apprenant notre histoire, un membre d’église a dit : « Vous n’avez pas eu assez de foi ; si vous aviez promis davantage, Dieu vous aurait donné autant ! »

L’église a acheté la propriété qu’elle occupe jusqu’à ce jour. Chaque jour, nous apprenions des leçons de confiance en Dieu, exprimées de façon magnifique dans les paroles d’un vieux gospel : « Peu, c’est beaucoup quand Dieu s’y trouve. »

D’une certaine façon, Dieu a multiplié le peu que nous avions. Il a ajouté beaucoup de bénédictions par-dessus. C’est devenu suffisant pour partager et faire avancer le royaume de Dieu dans la communauté locale. Nous ne nous doutions pas à l’époque que ces leçons nous seraient d’une grande utilité aujourd’hui en tant que missionnaires interculturels pour l’Église.

Nous avons passé une grande partie de notre vie missionnaire dans la fenêtre 10/40, où nous voyons la réalité du principe « peu, c’est beaucoup ».

En 2000, nous avons senti une forte attraction dans nos cœurs pour le champ missionnaire. Les portes ne se sont pas ouvertes immédiatement, mais quand on nous a invités au service interculturel. Dieu a confirmé encore et encore notre appel à servir. Notre premier service international était au Sri Lanka, où j’étais le coordonnateur de la Mission Globale. Durant notre temps là-bas, Dieu a continué à affirmer que son œuvre ne dépend pas des efforts humains. En fait, nos efforts étaient infimes et faibles, mais en regardant derrière nous, nous nous rappelons les nombreux miracles et moments où nous ne pouvions nier que « peu, c’est beaucoup, quand Dieu s’y trouve. » 

Avec les restrictions de part et d’autre, Dieu a toujours utilisé peu pour donner beaucoup à son œuvre. Nous avons fréquemment fait l’expérience d’un besoin de personnes plus qualifiées pour aider à démarrer un nouveau travail. Les ressources financières étaient aussi limitées, mais Dieu a toujours fourni ce dont nous avions besoin. Durant notre séjour au Sri Lanka, plusieurs congrégations ont été formées. De nouveaux ouvriers sont arrivés, engagés dans la tâche de répandre l’évangile malgré les circonstances difficiles.

Je me souviens d’un jeune homme qu’on n’a pas embauché la première année après son entretien, étant donné qu’il venait d’être baptisé. Il est revenu l’année suivante, et on l’a embauché comme pionnier de la Mission Globale. C’était un jeune homme humble, qui croissait et travaillait sur les plantations. Pendant sa première semaine, il a construit un petit lieu de prière avec quatre poteaux et quelques branches de palmiers au milieu d’une plantation de thé. Il a commencé une réunion de prière, et cette réunion de prière a progressé et a donné quatre nouveaux groupes de prière. Il a fait ce qu’il savait faire, et Dieu l’a béni.

Un autre homme a pris du travail dans un proche district et marchait vers les villages de la région. Parfois des tigres le suivaient alors qu’il parcourait à pied des kilomètres entre les villages, tard le soir. Les groupes qu’il formait et nourrissait se constituaient de personnes joyeuses qui savaient que Jésus les avait libérées de la peur. Ses longues marches ont troué ses chaussures jusqu’à ce qu’on ne puisse plus les réparer. Dieu a pris les heures et kilomètres offerts par cet humble serviteur, et en a fait de belles choses.

Depuis 2016, nous avons servi dans l’Union du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. (MOAN). Dire que la tâche ici est immense est un euphémisme. MOAN comprend 20 nations. Aucune d’elles n’est chrétienne. L’Église n’est légale que dans sept de ces nations. Toutes les autres sont des nations où la mission chrétienne n’est pas légale, et dans plusieurs, être chrétien apporte la persécution. La population compte plus de 558 millions de personnes, et la plupart des gens ignorent le plan du salut de Dieu. MOAN est considéré comme une des tâches missionnaires qui restent les plus difficiles. 

Actuellement, MOAN a 5 200 membres d’église éparpillés dans ces 20 nations, ce qui représente un adventiste du Septième Jour pour chaque 107 000 personnes. Notre petite équipe d’ouvriers semble insignifiante quand on la compare aux populations autour de nous. Même nos fidèles ouvriers se sentent souvent mal équipés pour les défis quotidiens et constants qu’ils affrontent. Nous pouvons poser facilement la question : « Qui est qualifié pour cette tâche ? » Puis nous nous rappelons les promesses de Dieu, dont la « puissance s’accomplit dans la faiblesse » (2 Cor. 12 : 9).

Chaque fois que nous voyons un défi aussi redoutable au point de nous sentir impuissants, Dieu nous rassure à travers sa parole. Il accomplit toujours ses promesses. Chaque semaine, j’entends des histoires sur des délivrances miraculeuses de Dieu en faveur de jeunes hommes et femmes qui ont trouvé joie et espoir en Jésus ! Même avec peu d’ouvriers sur le front dans des régions nécessiteuses à travers MOAN, nous voyons jour après jour comment Dieu utilise le peu que nous avons pour donner pour son œuvre.

Un jeune homme vivant à Londres avait la forte impression qu’il devrait retourner dans son pays natal au Moyen-Orient. Il ne comprenait pas pourquoi une telle chose lui était demandée, mais il savait avec certitude que c’était un appel de Dieu. Au milieu de l’hiver, dans le froid et la pluie, il retourna à sa ville d’origine, une des plus grandes du monde. 

Un jour, il se rendit à l’université par une rue fréquentée. Il s’arrêta devant un kiosque à journaux. Un livre attira son regard. Une fois qu’il l’eut entre les mains, il ne put le poser. Ce livre changea considérablement sa trajectoire, et l’a mené à donner sa vie au Seigneur comme pionnier de la Mission Globale. Il racontait des histoires sur Jésus à ceux qui posaient des questions devant le même kiosque à journaux sur le trottoir. Depuis lors, sa vie avec Dieu l’a conduit à d’autres endroits. Mais dans ce kiosque à journaux, il invita plusieurs personnes à rejoindre un petit groupe. Aujourd’hui, grâce à son service pour Dieu, une congrégation constituée de locaux adore chaque sabbat. Dieu fait quelque chose de spécial dans cette grande ville !

Nous aimons de telles histoires dans la plupart des pays de MOAN. On ne peut raconter ces histoires à cause des risques de sécurité pour les individus qui partagent fidèlement le message. Chaque histoire dans le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord représente l’œuvre du Saint-Esprit ; une œuvre qui défie les frontières nationales et les barrières de communication. Chaque jour, nous voyons le fruit de l’amour divin démontré par les membres d’église et les ouvriers éparpillés dans ce territoire immense.

Quelques personnes ont des doutes sur l’efficacité de leurs offrandes pour les missions. « Je ne peux donner beaucoup, je me demande si ça fait une différence. » Chaque fois que j’entends ces doutes, je pense à des histoires comme celles de David et Goliath, Josaphat, et la pite de la veuve. Tant d’histoires dans la Bible parlent de Dieu prenant nos petites offrandes et les rendant puissamment efficaces pour partager son amour dans ce monde.

Dans la Fenêtre 10/40, nous voyons personnellement et de façon spectaculaire comment Dieu utilise la plus petite offrande pour changer la vie de ceux qui le cherchent. Chaque jour, nous prions Dieu de déverser des visions et des rêves sur les habitants de ce territoire, des rêves poussant les gens à poser à un adventiste du Septième Jour des questions sur Jésus et son prochain retour. Ma prière est exaucée. Ce sont les histoires de vies métamorphosées qui racontent comment mes petites offrandes comptent.

La conspiration de la graine de moutarde de Dieu avance toujours à travers vous ! Je veux remercier les membres de l’Église dans le monde entier ! Par vos contributions aux offrandes de mission, Dieu accomplit des miracles. Cela vaut la peine de répéter : peu c’est beaucoup quand Dieu s’y trouve.

In the harvest field now ripened       Dans le champ, la moisson maintenant mûrie,
There’s a work for all to do.                    
Il y a un travail à faire pour tous.
Hark! the Master’s voice is calling.            La voix du Maître appelle,
To the harvest calling you.                 Vous appelle pour la moisson.

 

Does the place you’re called to labor      L’endroit où vous êtes appelés à travailler
Seem so small and little known?           Semble-t-il si petit et peu connu ?
It is great if God is in it                             C’est formidable si Dieu s’y trouve
For He’ll not forsake His own.                 Car Il n’abandonnera pas les siens.

 

Little is much when God is in it!                   Peu c’est beaucoup quand Dieu s’y trouve
Labor not for wealth or fame.              
Ne travaillez ni pour la richesse ni pour la célébrité.
There’s a crown, and you can win it     Il y a une couronne et vous pouvez la gagner
If you go in Jesus’ name.                     Si vous allez au nom de Jésus.

 

And when the conflict has ended.              Et quand le conflit prendra fin
And our race on earth is run                     Et que notre course sur terre s’achevera,
He will say, if you’ve been faithful               Il dira, si vous avez été fidèles
« Welcome home, my child – well done! »    « Bienvenue à la maison, mon enfant, c’est bien ! »

 

Little is much when God is in it!                  Peu c’est beaucoup quand Dieu s’y trouve !
Labor not for wealth or fame.              Ne travaillez ni pour la richesse ni pour la célébrité.
There’s a crown, and you can win it           Il y a une couronne, et vous pouvez la gagner.
If you go…               Si vous allez…
If you go…          Si vous allez…
If you go in Jesus’ name.     Si vous allez au nom de Jésus.

Kittie Louise Jennet Suffield (1924)            [Trad libre]

 

 

 

 

Citations :

Tant d’histoires dans la Bible parlent de Dieu qui prend nos petites offrandes et les rend puissamment efficaces pour partager son amour dans ce monde.

La conspiration de la graine de moutarde de Dieu avance toujours à travers vous !

 

 

 

 

 

Rick McEdward

Rick McEdward sert comme président de l’Union du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, un territoire attaché à la Conférence Générale de l’Église Adventiste du Septième Jour.