By Jean-Luc Lézeau

Le livre biblique, Actes des Apôtres, se présente comme notre source majeure d’information au sujet des premiers pas de l’Église chrétienne et la façon dont des milliers de nouveaux croyants se convertissaient chaque jour.1 Il décrit leur lutte pour s’organiser eux-mêmes pour vivre comme de vrais disciples de Christ et être préparés à accepter la mission que Jésus avait donnée avant de partir : «Allez [donc], faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.»2 C’est le début d’une histoire qui changerait le monde.

Le Nouveau Testament n’est pas prolixe concernant les principes de la dîme. Parmi les quelques passages relatifs à la dîme, nous déduisons des paroles prononcées par Jésus qu’Il était en faveur des pratiques de la dîme quand Il réprimanda les scribes et les pharisiens.3 Comment la mission était-elle soutenue dans l’Église primitive ?

Donner Généreusement

L’exemple parfait de générosité que Jésus montra à Ses disciples était celui de la veuve au temple.4 Elle était très triste de ne pouvoir donner davantage parce qu’elle donnait la plus petite pièce qui existait ! Mais dans l’original grec, elle donna « bios », « elle-même », son existence. Elle a donné tout ce qu’elle possédait ! Et personne, sur les lieux, ne se demandait où elle allait vivre le jour suivant ! Avons-nous un doute quelconque que Dieu a pourvu à ses besoins ? C’est la sorte de dépendance que Jésus voulait que Ses disciples expérimentent.

L’information qui est clairement révélée au sujet du soutien financier de l’Église Chrétienne naissante montre que non seulement ils partageaient le même esprit, mais aussi « qu’Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et ils en partageaient le produit entre tous. »5 Ils allaient au-delà dans leur exercice de calculer combien de dîmes ils devraient rendre et combien donner en offrandes. Ils donnaient abondamment. Et au-delà de cela, ils donnèrent d’abord leur cœur au Seigneur. C’est le modèle biblique de la gestion radicale ! Était-ce suffisant pour financer la mission donnée par Jésus d’aller « vers toutes les nations ? »

Ils entreprirent des voyages missionnaires,6 et bientôt, ils durent fuir la persécution.7 On peut se demander : comment financèrent-ils tous ces voyages ? Ont-ils suivi l’ordre de Jésus8 de ne prendre ni or, ni argent avec eux, ni sac, ni sandale ? Si c’était le cas, Judas, le défunt trésorier, aurait pu se réjouir parce qu’il n’aurait pas eu à débourser de l’argent !

Les deux Modèles

Leur engagement pour la mission fut révélé à la fois par le témoignage et le soutien des missions avec leurs ressources.

En lisant les Actes des Apôtres, nous découvrons l’application de deux différents modèles pour supporter la mission. Premièrement, la mission fut parrainée par ceux constituant le corps de Christ.9 Et différents textes de la Bible supportent la pratique.10 Leur engagement pour la mission fut révélé à la fois par le témoignage et l’aide à la mission grâce à leurs ressources. Plusieurs passages témoignent que les missionnaires itinérants habitaient chez les frères.11 Les disciples écrivaient régulièrement à l’avance aux frères pour accueillir les prédicateurs itinérants.12 Le second modèle fut celui qu’adopta fréquemment Paul. Dans plusieurs situations, il fut un missionnaire financièrement indépendant. Il voulait être « totalement dépendant de Dieu pour Sa provision, »13 et c’était en harmonie avec l’exemple de Jésus envoyant Ses disciples. C’était le moyen parfait pour les missionnaires envoyés de voir eux-mêmes les miracles que Dieu voulait réaliser quotidiennement. On prenait soin de leurs besoins, et leur foi dans le Maître était renforcée. Paul décida de ne pas dépendre des frères pour quoi que ce soit (Ac 20 : 33, 34). Il travaillait quand il habitait chez Aquilas, faiseur de tentes, comme lui.14 Le voyage de Paul était intensif. Il restait plusieurs mois dans les villes qu’il visitait ;15 dans certains cas, il louait un lieu pour plusieurs années.16

On a donc besoin de missionnaires financièrement indépendants. Il importe qu’ils travaillent tous ensemble pour finir l’œuvre.Ces deux modèles ne s’excluaient pas mutuellement. L’apôtre Paul, symbole même de la mission autonome, savait qu’il avait le droit de recevoir l’aide du corps des croyants.17 Il fit ressortir que les autres apôtres étaient soutenus par la libéralité de la communauté des croyants. Et à une occasion, il reçut un support matériel pour son ministère (Ph 4 : 15). Les deux modèles d’aides pour la mission restent valides aujourd’hui, et chacun remplit un besoin dépendant de nos diverses circonstances. Des missionnaires « régulièrement » rémunérés ne sont pas autorisés à entrer dans certains pays.

Pour conclure, je souhaite que nous puissions tous vivre l’expérience des Macédoniens « dans leur profonde pauvreté. »18 Ils donnaient une offrande volontaire non seulement « selon leur capacité,19 mais oui, au-delà de leur capacité. » Comment pouvons-nous donner au-delà de nos capacités ? Demandez à Jésus. « C’est avec beaucoup d’insistance qu’ils nous ont demandé la grâce de prendre part à ce service. »20 Donner est un privilège.21 

Jean-Luc Lézeau a servi à divers titres que ce soit au niveau de la fédération jusqu’à la division sur trois continents. Il était directeur associé du Département de la GCV à la Conférence Générale.

  1. Ac 2 : 41, 47 ; 4 : 4 ; 5 : 14 ; 6 : 1, 7 ; 16 : 5 ; 17 : 12 ; 11 : 21, 24 ; 2 Co 11 : 9 ; Ph 4 : 15, 16
  2. Mt 28 : 19
  3. Mt 23 : 23
  4. Mc 12 : 43
  5. Ac 2 : 44, 45 ; 4 : 32, 34-37
  6. Ac 8 : 4 ; 8 : 14
  7. Ac 11 : 19
  8. Mt 10 : 9, 10
  9. Ac 28 : 10 ; 1 Co 7 ; 1 Co 9
  10. Lv 6 : 16, 26 ; Lv 7 : 31 ; Nb 18 : 8-31 ; Dt. 18 : 1 ; Lv. 7 ; 1 Co 9 : 13, 14 ; Mt 10 : 10 ; Lc 10 : 7, 8 ; 1 Tm 5 : 18 ; Rm 1 : 15
  11. Ac 9 : 19, 43 ; 10 : 7 ; 16 : 15 ; 21 : 8 ; 28 : 10
  12. Ac 18 : 27
  13. Mc 6 : 8
  14. Ac 18 : 2 ; 1 Co 9 : 7-10
  15. Ac 14 : 3, 28 ; 18 : 7-11 ; 19 : 40
  16. Ac 28 : 30
  17. 1 Co 11 : 12b-18 ; 1 Co 9 : 15-18 ; 2 Tm 2 : 6
  18. 2 Co 8 : 2
  19. 2 Co 8 : 3
  20. 2 Co 8 : 4
  21. Ac 20 : 35   
Jean-Luc Lézeau

Jean-Luc Lézeau

Jean-Luc Lézeau a servi à divers titres que ce soit au niveau de la fédération jusqu’à la division sur trois continents. Il était directeur associé du Département de la GCV à la Conférence Générale.